Alors que les privillèges explosent, la pauvreté touche des millions d'individus
Les communistes revendiquent un plan d’urgence pour éradiquer la pauvreté...
2 novembre 2006
On vient de célébrer la journée du refus de la misère, lancée en 1987 par le mouvement ATD Quart Monde.
Cette initiative a été l’occasion, une nouvelle fois, de démontrer que la nouvelle pauvreté ronge notre société, qu’elle n’est pas l’apanage tragique de quelques marginaux, que c’est bel et bien le sort de millions d’individus.
Ils sont légion, en effet, ces hommes, ces femmes, en général invisibles, discrets, honteux, qui sont tombés très bas en ayant souvent été salariés, insérés, socialement reconnus. Des gens dont la presse ne parle jamais, ou presque. Depuis trop longtemps, leur parole sociale a déserté les colonnes des médias. Ou alors leur vie de galère est fustigée par la droite qui a vite fait de les classer dans le camp des “ oisifs qui abusent du RMI ”, des “ fainéants qui ne cherchent pas vraiment du travail ” ou encore de ceux qui “ refusent de prendre des risques ”. Car les possédants savent entretenir le rejet des exclus, les divisions entre les pauvres eux-mêmes. Ils savent aussi maintenir le black-out sur ces pauvres qui dérangent, surtout lorsqu’ils font des efforts pour s’en sor¬tir, car ils démontrent que leurs difficultés sont celles du système qui les rejette. Rappelons que sept millions de personnes vivent avec moins de 722 euros par mois. En dix ans, l’intérim a augmenté de 130 %, le nombre de CDD de 60 % et de CDI de 2 %.
Dans le même temps où des millions de concitoyens s’enfoncent ainsi dans le dénuement, les privations, la presse, si volontiers muette sur leur sort, regorge en revanche d’informations sur l’indécence de la richesse qui se montre, se pavane, s’admire. L’explosion de quel¬ques grandes fortunes est inversement proportionnelle à la régression sociale de toute une partie du peuple. L’argent se nourrit de, et engendre, la précarité.
Ce système permet à une minorité de prospérer en maintenant les plus grand nombre dans les difficultés. Le tout récent numéro de la revue économique Capital donnait des chiffres à donner le tournis. On assiste à un véritable retour des privilèges. Depuis la Libération, les plus nantis en rêvaient. La droite l’a fait. En quatre ans, les Chirac-Raffarin- Ville¬pin-Sarkozy ont délibérément aban¬donné toute politique sociale pour ren¬dre aux plus riches ce qu’ils avaient perdu. On les a exonérés de taxes, on a baissé leurs impôts, leurs revenus ont doublé, triplé... Alors qu’on tente tout ce qui est possible pour exploiter les salariés.
Les communistes revendiquent un plan d’urgence pour éradiquer la pauvreté. Contre une misère indigne de notre épo¬que, des mesures de prévention immé¬diates sont nécessaires : un plan d’urgence pour le logement des sans-abri, usant du droit à la réquisition et favorisant la création de maisons d’accueil ; l’interdiction des saisies, des expulsions, des coupures d’eau, de gaz et d’électri¬cité ; la résorption de l’habitat insalubre ; la mise hors la loi des marchands de sommeil... ; le relèvement systématique des revenus des plus démunis pour qu’aucun foyer ne vive dans notre pays en dessous du seuil de pauvreté ; un plan national de protection des enfants dans des situations de pauvreté (alimentation, santé, éducation, accès aux loisirs et aux vacances...) ; le développement des servi¬ces publics dans tous les quartiers.
Plus généralement, c’est par une autre politique, résolument antilibérale, qu’on en finira avec les privilèges : réformes fiscales, réduction des écarts de salaires, relance du pouvoir d’achat, nouvelle mobilisation des fonds publics, réorien¬tation du rôle de l’État et des services publics.... Autant de pistes concrètes et réalistes pour rétablir la justice sociale et l’égalité des citoyens, pour le bien commun



