BUDGET 2007 : injustice sociale et tout-sécuritaire

Le projet de loi de finances 2007 (PLF 2007) tente de donner le change sur des questions aussi cruciales que l’emploi.


6 octobre 2006

Mais il reste enserré dans son objectif comptable, à savoir garder le déficit public sous la barre des 3 % du PIB. Modelé par l’objectif d’une réduction (et non plus d’une stagnation) en volume des dépenses publiques, le budget 2007 donne la priorité à la réduction de la dette et à la politique régalienne et sécuritaire.

À la veille des élections, il pousse à une augmentation de moyens en faveur de domaines jugés politiquement prioritaires : la police, la justice, la défense.

Principale victime de ce “ redéploiement intelligent ”, comme dit Chirac, la “ mission ” travail et emploi verrait ses crédits baisser de 4 % à 12,6 milliards d’euros. 6,1 milliards seraient consacrés aux actions visant l’accès et le retour à l’emploi, soit une baisse de 14 % (hors budget de l’emploi, le montant des allègements de charges sociales patronales s’élèverait à 20 milliards en 2007 contre 19 milliards d’euros en 2006). Mais le ministère de l’Intérieur voit ses moyens augmenter, pour atteindre 15,7 milliards.

En fait, il prévoit la suppression nette de 15 000 postes de fonctionnaires. L’enseignement scolaire est le principal secteur touché avec 8 700 postes supprimés, la plus forte baisse depuis des années. Mais il y aura demain plus de gendarmes, plus de policiers !

Un affichage particulier est réservé à la réforme fiscale qui devrait coûter 3,6 milliards d’euros. Sera mis en place le bouclier fiscal pour les foyers les plus riches, plafonnant à 60 % les impôts directs.

D’une manière générale, la fiscalité progressive est mise à mal. De même, les 5 milliards d’euros de surplus de recettes fiscales sont gâchés par une affectation automatique à la réduction de la dette alors que seule une vraie politique de croissance pourrait dimi¬nuer l’endettement public.

“ Le compte n’y est pas !, estime le PCF, déclarant qu’il est urgent de mettre en œuvre une autre politique, de relance de la consommation, de l’emploi, du pouvoir d’achat. Le gouvernement présente donc un budget sous le double signe de l’injustice sociale et fiscale. C’est non seulement inacceptable, mais surtout irresponsable à l’aune des énormes besoins qui sont exprimés chaque jour par des millions d’hommes et de fem¬mes. C’est un budget de mépris pour les plus pauvres et qui vise à consacrer encore un peu plus les privilèges des plus riches ” 