Banlieues : la politique du pire de Sarkozy
Les incidents entre jeunes et policiers dans les cités témoignent de l’impasse dans laquelle nous jette la politique du ministre de l’Intérieur.
19 octobre 2006
À force de “ répondre à la violence par la violence ”, ainsi que s’en inquiète le PCF, toutes les tensions sont exacerbées. On peut tous payer cher la volonté du candidat UMP de faire des banlieues le théâtre de provocations et de vraies-fausses démonstrations d’autorité.
Aux Mureaux, des centaines de personnes ont manifesté contre les violences en proclamant : “ Nous en avons assez des provocations, des descentes de police musclées au petit matin et de la répression sans discernement des forces dites de l’ordre ”.
Le risque est grand d’une “ rupture ” entre la population et sa police. Ce serait une fêlure au cœur même de notre République, sur laquelle devraient réfléchir ces syndicats de policiers qui ont renoncé à leur vocation pour se transformer en attachés de presse du ministère. L’abandon de la police de proximité, la culture du chiffre au détriment du travail de fond, les mises en cause de la justice, les promesses non tenues de mise en place d’effectifs là où ils seraient pourtant nécessaires, la politique policière de Sarkozy répend les ferments d’explosion. C’est un choix. La politique du pire comme stratégie.
Alors que l’anniversaire de la révolte des banlieues approche, il importe d’aller au fond de la crise et des malaises afin de leur porter remède. Depuis des années, les populations qui vivent dans les quartiers populaires et les cités souffrent en premier lieu de l’insécurité sociale. L’entreprise de démolition sociale pilotée par la droite et le MEDEF précarise l’accès à l’emploi tandis que l’avenir - les retraites, par exemple - n’est plus garanti.
Sous la houlette de de Robien, l’éducation nationale se contracte là où on a le plus besoin d’une expansion, victime de suppressions de postes, de lettres de cachet pédagogiques et d’une ambition réduite au minimum des savoirs. Le logement social piétine tandis que l’accès au privé est barré par la spéculation immobilière et l’envolée des prix. Les services publics, maltraités depuis des années, refluent ou, contaminés par les logiques libérales, perdent les qualités qui les rendaient si utiles pour les familles modestes.
Toutes les élections et tous les mouvements sociaux des dernières années ont pourtant censuré ces choix politiques. En dépit des protestations démocratiques, envers et contre tous, ou presque, la droite néglige les urgences sociales, les yeux rivés sur le tableau de bord des profits. N’a t elle pas tenté d’imposer le CPE aux lendemains de la révolte des banlieues ?
C’est avec cela qu’il faut rompre. Rien à voir avec la rupture prônée par Sarkozy qui voudrait faire sauter toutes les garan¬ties qui protègent nos vies



