GHETTOS URBAINS : une commission sénatoriale pour le retour de la police de proximité
18 mois de travail, 28 élus de droite et de gauche mobilisés, 70 propositions élaborées. La mission d’information sénatoriale, constituée aux lendemains des émeutes urbaines, a rendu ses travaux tendant à améliorer la vie des quartiers en difficulté. Ses préconisations dans les domai¬nes de l’emploi, de l’école ou de la formation forment “ un nouveau pacte de solidarité en faveur des quartiers ” .
15 novembre 2006
Le constat est sans appel. “ La dégradation de la situation économique au niveau national et les politiques de peuplement menées depuis 30 ans dans certains quartiers ont abouti à la constitution de ghettos urbains qui concentrent aujourd’hui toutes les difficultés ”. Le chômage y atteint le double du taux national, on y compte trois fois plus de ménages pauvres que sur le reste du territoire.
Parmi les quatre axes prioritaires de la mission, le premier concerne la jeunesse. Une urgence. Car la proportion de jeunes dans les quartiers populaires demeure supérieure au reste du territoire et 36% des 15/25 ans y sont sans emploi. Cependant, les propositions émises ne semblent pas à la hauteur de l’ampleur du problème. Comme, par exemple, la rémunération de nouveaux intervenants tels les retraités ou les mères de famille afin d’améliorer l’offre scolaire. Ou encore le renforcement des liens entre l’école et les entreprises. ” Il faut faire en sorte que 100 % des jeunes soient occupés à travers un emploi, une forma¬tion, un service civil ou un contrat aidé ”.
La préconisation la plus audacieuse concerne sans doute la réactivation de la police de proximité “ ayant la confiance de la population et des jeunes ”. Dont le rôle n’est pas de faire de la répression, mais de rappeler et d’expliquer la règle, de jouer un rôle de “ capteur d’informa¬tions ” et de réduire la fréquence du recours à l’intervention de la force publique. Avec des policiers que les élus souhaitent les plus expérimentés. La mission alerte également sur l’importance des associations qu’elle souhaite libérées “ des contraintes de la chasse aux subventions ” et voir dotées d’un “ véritable statut du bénévole ”. Elle insiste aussi sur la “ redéfinition d’un projet urbain cohérent pour casser les ghettos ” en demandant que les crédits (30 milliards d’euros d’ici 2012) de l’Agence nationale pour la rénovation soient sanctuarisés. On souhaite aussi ne pas se limiter à la démolition de quelques tours mais accroître la mixité sociale.
Parmi les propositions les plus contestées figurent notamment celle qui consiste à “ confier la responsabilité des quartiers en difficulté à un ministre d’État compétent en matière d’aménagement du territoire, de la ville et du logement ”.
Au final, le groupe communiste s’est abstenu, regrettant que “ l’on persiste à considérer qu’une solution existerait à la seule échelle d’une ville ou d’un quartier sans tenir compte de l’environne¬ment économique et social ni de la res¬ponsabilité des gouvernements dans l’aggravation de ce contexte ”



