GRAVES MENACES sur le secteur public postal

La Commission européenne vient d’annoncer la libéralisation totale de la distribution postale à l’horizon 2009.


8 novembre 2006

Cette évolution vers la concurrence est depuis longtemps présentée comme inéluctable. Il ne resterait en somme qu’à s’adapter. En vérité, ceux qui font le choix de la fin du monopole du service public postal créent les conditions pour qu’on ne puisse pas résister aux pressions des puissances financières.

À les suivre, on irait droit vers la disparition pure et simple du service public.

La Commission évoque des garanties de service universel. Mais ce ne sont que des faire-valoir pour faire passer la pilule. Si la concurrence libre et non faussée prévalait, la Poste ne pourrait pas lutter sur le plan social face à des actionnaires soucieux de faire du profit à base d’économies sur les salaires et de précarité de l’emploi.

Au fil du temps, il ne resterait plus à la Poste que les missions les moins rentables, assumées dans des conditions de traitement inégalitaire et inacceptable pour le personnel.

Le gouvernement soutient une ligne libérale qui vise à tout marchandiser au profit des actionnaires, y compris la Poste ; il se heurte à de solides résistan¬ces des défenseurs des biens communs et des droits fondamentaux, qui se battent à armes inégales. Parmi eux, l’idée grandit que l’alternative est dans l’émergence d’une autre voie à gauche au travers d’une candidature antilibérale qui prenne en compte ces exigences dans les échéances électorales à venir. Pour le PCF, “ la logique de privatisation globale et systématique se poursuit inlas¬sablement, comme si le 29 mai 2005 rien ne s’était passé. Les usagers ne veulent pas devenir de simples clients. Ils veulent au contraire que de nouveaux besoins soient reconnus et que le service public, notamment postal, soit étendu et modernisé dans le sens de l’intérêt géné¬ral. Un service public postal pourrait non seulement garantir l’égal accès à tous, mais aussi s’étendre par exemple aux courriers électroniques et aux bornes internet gratuites.

Le PCF condamne, au nom du vote des Français du 29 mai 2005 et de l’intérêt général, la tentative de mise à mort de la Commission européenne sur le secteur postal.