LA FAIM DANS LE MONDE : près d'un milliard de victimes


8 novembre 2006

854 millions de personnes sont sous-alimentées dans le monde - elles disposent de moins de 1900 calories par jour - dont 820 millions dans les pays en voie de développement : ces chiffres terribles figurent dans le rapport annuel de la FAO, l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture.

Autrement dit, aucune amélioration en ce domaine depuis dix ans ! Les chefs d’État s’étaient alors donné comme objectif, en 1996, de diviser par deux le nombre d’affamés d’ici 2015. “ Aucun progrès n’a été accompli ”, se désole le patron de la FAO pour qui “ les ten¬dances les plus récentes sont vraiment préoccupantes ” : elle relève une aug¬mentation de 26 millions de personnes affamées entre 1995-1997 et 2001-2003 après une baisse de 100 millions dans les années 1980.

D’importantes disparités régionales exis¬tent. L’Asie et le Pacifique ont connu des progrès, hormis en Corée du Nord, au Bangladesh et au Pakistan.

En Chine seule, le nombre des personnes mal nourries a reculé de 45 millions.

L’Amérique Latine connaît aussi des améliorations, sauf au Venezuela. En revanche, le nombre de personnes sous-alimentées a augmenté au Proche-Orient, en Afrique du Nord et en Afrique subsaharienne. Celle-ci a vu passer le nombre de ses mal nourris de 169 mil¬lions à 206 millions en dix ans alors que les objectifs fixés en 1996 nécessite¬raient de ramener ce chiffre à 85 millions en 2015. Les pays en danger sont aussi les pays qui ont connu des conflits armés : Burundi, Erythrée, Libéria, Sierra Leone, République démocratique du Congo. Si l’on projette les résultats de ces der¬nières années, seule l’Asie de l’Est par¬viendra à diminuer de moitié le nombre de ses affamés alors que celle du Sud-Est le réduira d’un tiers tout comme l’Amérique latine.

Au Proche-Orient et en Afrique du Nord, la situation s’aggravera car les personnes sous-alimentées seront 36 millions en 2015 contre 24 millions en 1990. C’est en Afrique subsaharienne que la situation est la pire. Or, elle devrait le rester.

Le rapport de la FAO note que la concentration de la faim dans les zones rurales démontre qu’au¬cune amélioration significative n’est possible sans investissements forts dans le développement rural et agricole