LES HÔPITAUX AU RÉGIME SEC : 800 millions d'euros de déficit en 2006

Le gouvernement s’apprête à faire voter une hausse des dépenses hospitalières limitée à 3,5% alors que la Fédération hospitalière de France clame depuis juin dernier qu’une progression globale de 4,21% soit deux milliards d’euros en plus constitue le minimum vital.


8 novembre 2006

Et encore ce chiffre n’inclut-il pas les mesures d’amélioration de la fonction publique hospitalière qui pèseront 290 millions d’euros en 2007.

Au total, selon La Tribune, il pourrait manquer près de 700 millions d’euros aux établissements pour atteindre 2008 dans de bonnes conditions. Problème : ils ont désormais interdiction de prati¬quer les reports de charges et n’ont pas le droit d’afficher des comptes négatifs.

Sans rallonge substantielle de la part du ministère de la Santé, ils n’auront d’autre choix que de comprimer leurs dépenses au maximum. En jouant sur les effectifs, le poste budgétaire le plus lourd, au risque de manquer de bras. Ou en puisant dans les réserves normalement dédiées aux investissements. Le coup est d’autant plus dur à encaisser que l’année 2006 a déjà été marquée par les restrictions.

Sous-financés, avertis tardivement du montant de leurs enve¬loppes, les hôpitaux ont peiné à monter et à appliquer leurs budgets.

La Fédération hospitalière de France a mené, ces derniers mois, une étude auprès de 476 établissements, qui montre que 69% d’entre eux prévoient d’être en déficit à la fin de cette année. 149 hôpitaux seulement seront à l’équilibre, et 18 en excédent.

Au final, le découvert pourrait s’élever fin décembre à plus de 760 millions d’euros. La faute, là encore, à la hausse délibérément sous-estimée des moyens alloués aux hôpitaux : + 2,5 % là où la FHF revendiquait + 4,32 %.

Les difficultés n’épargnent pas les structures de référence : sur les 29 centres hospitaliers universitaires (CHU) qui ont répondu à l’enquête, 26 sont dans le rouge et 3 annoncent un équilibre. Les CHU esti¬ment que les moyens ne sont pas à la hauteur de l’augmentation de leur activité