LOGEMENT : une charge insoutenable

Alors que le ministre Borloo ne cesse de répéter que tout va bien, les Français eux ont toutes les raisons d’être inquiets pour leur logement.


6 octobre 2006

Locataires ou propriétaires, ils consacrent au logement une part croissante de leur budget. Selon l’INSEE, le logement est devenu le poste de dépense le plus important des ménages avec 21,3 % du budget, le plus haut niveau jamais atteint ces 20 dernières années. Se loger revient deux fois plus cher que se nourrir ou se déplacer. Les dépenses courantes (lo¬yers, chauffage, éclairage, eau, assurance, entretien, impôts et taxes) pour le logement ont crû de 6,6 % en 2005 par rapport à 2004.

En même temps, le pouvoir d’achat des aides personnelles a été amputé en trois ans (2001/2004) de 8 %. L’effet conjugué de la hausse des dépenses et de la baisse du pouvoir “solvabilisateur” des aides au logement a aggravé la situation financière de nom¬breuses familles. Car les dépenses loge¬ment sont incompressibles, à la diffé¬rence d’autres (habillement, loisirs).

Autre source d’inquiétude : la réduction de la capacité d’achat des ménages. Les familles ayant fait le choix de l’accession voient la taille de leur logement futur se réduire.

Quant à la politique du pouvoir, elle est incapable de répondre aux besoins et contribue même à tirer les prix à la hausse. Pourtant, jamais la construction de logements n’aura été aussi dynami¬que ces 25 dernières années : 410 000 logements mis en chantier en 2005, 430 000 prévus en 2006. Mais le pro¬blème est de savoir pour qui on cons¬truit.

De 1994 à 2000, près de 70 % des constructions concernaient des logements destinés aux familles à revenus faibles ou moyens. Les revenus modestes concernaient 65 % des ventes de logement.

Or, cet équilibre est rompu. Jamais si peu de produits nouveaux des¬tinés aux ménages à revenus modestes n’auront été présentés sur le marché. Alors que le nombre de logements desti¬nés à des ménages qui peuvent se loger sans aide a plus que doublé entre 2000 et 2005, passant de 100 000 à 240 000 unités.

La Fondation Abbé Pierre précise que sur les 410 000 logements nouveaux de 2005, la production de logements à caractère social reste réduite. La part des logements sociaux se limite à 9,7 % des 410 000 logements soit 39 600 unités !

Le bilan du pouvoir est donc simple : une production de logements qui ne vise pas les besoins des plus modestes et qui de toute façon reste très en-deça des besoins. Sur 1,3 million de demandeurs de logements sociaux, les deux tiers ont des ressources inférieures à 60% des plafonds PLUS. N’en déplaise à M. Borloo, la crise du logement est loin d’être derrière nous 