Les Français et la TVA sociale, sondage CSA-L'HUMANITE

Vous personnellement, êtes-vous favorable ou opposé à cette mesure ?
Opposé :64%
Favorable : 33%
12 janvier 2012
Evoquée par le président de la République lors de ses voeux aux Français le 31 décembre puis confirmée par le
gouvernement en début de semaine, la TVA sociale suscite un rejet majoritaire au sein de l’opinion publique.
Il ressort en effet de l’enquête menée pour L’Humanité que près des deux tiers des personnes interrogées par l’institut CSA
manifestent leur opposition à cette mesure destinée, selon les arguments avancés par les pouvoirs publics, à favoriser
l’emploi et les produits fabriqués en France. Fait suffisamment rare dans une enquête d’opinion pour être souligné, ce rejet
s’avère très intense parmi la population, plus du tiers des interviewés se déclarant "tout à fait" opposé. A contrario, seuls 33%
expriment leur soutien à la proposition du chef de l’Etat.
Ce rejet de la TVA sociale se vérifie auprès de la plupart des catégories de population interrogées et ceci à des niveaux
proches de ceux observés auprès de l’ensemble des Français, sans doute échaudés par les hausses de prix traditionnelles du
1er janvier, auxquelles se sont ajoutés le relèvement de la TVA à taux réduit et la mise en place de la « taxe sodas ». Par ces
résultats, les Français se révèlent peut-être aussi plus sensibles à une possible atteinte à leur pouvoir d’achat dans l’immédiat plutôt
qu’aux bénéfices à moyens termes en matière d’emploi promis par la majorité présidentielle.
Quelques catégories de population expriment toutefois des jugements plus nuancés à l’égard de la TVA sociale. Il s’agit
notamment des artisans, commerçants et chefs d’entreprise, parmi lesquels une très courte majorité (54%) se dégage en faveur
de cette mesure massivement rejetée par les salariés (67% d’opposition). Les sympathisants de l’UMP se déclarent eux aussi
majoritairement favorables (60%), de même que près d’un sympathisant MoDem sur deux (44%). Nicolas Sarkozy ne parvient
toutefois pas, par cette proposition, à fédérer ses électeurs au premier tour de la présidentielle 2007 (53% y sont favorables, 44% y
sont opposés).
Enfin, le rejet apparaît franc et massif tant à l’extrême-gauche (78%) qu’au sein de la gauche gouvernementale (77%), de
même que parmi les personnes se déclarant proches du Front National (65%).
Yves-Marie CANN – Directeur d’études
le sondage