Pour un autrre type de croissance, durable et riche en emplois

La condition cruciale, c’est une autre utilisation de l’argent...


11 octobre 2006

Premièrement, les fonds publics, au lieu de développer les services publics, sont surtout utilisés pour soutenir la rentabilité financière et l’irresponsabilité sociale des entreprises. Plus de 21 milliards d’euros, au nom de l’emploi, sont utilisés pour baisser les cotisations sociales, en dépit d’un effet pervers : cette baisse du “ coût salarial ” fait pression à la baisse sur tous les salaires, et cela déprime la demande, la croissance et l’emploi. Pourtant, la droite et le PS soutiennent encore ce type de mesure. Il faudrait au contraire utiliser cet argent public pour baisser le coût des crédits, notamment pour les PME, écrasées par les taux d’intérêt. Deuxièmement, les fonds les plus importants et dont on parle le moins : ceux des banques, du crédit, de la création moné¬taire. Pour un crédit qui incite à une croissance riche en emplois et en formations, il faudrait baisser les taux d’intérêt pour les investissements matériels et de recherche mais de façon sélective : les taux seraient d’autant plus bas que seraient programmées des créations d’emplois et de formations. Il ne s’agit pas seulement de baisser les taux de “ refinancement ” des banques par la PCE, ce qui peut être utilisé pour les exportations de capitaux et la spécula¬tion. La question décisive, que les com¬munistes portent pour une gauche transformatrice, c’est une sélectivité du crédit à taux d’intérêt abaissés pour l’emploi.

À propos des programmes pour 2007, à gauche comme à droite, le Cercle des Économistes vient de décréter impossible de modifier le “ mandat ” de la BCE, la lutte contre l’inflation, en réalité obses¬sionnelle, au détriment de l’emploi : il faudrait “ intégrer ce fait comme une contrainte ” ! Au contraire, dans la droite ligne du Non de gauche au traité constitutionnel européen, il faut une mission emploi pour la BCE, son contrôle démo¬cratique, du Parlement européen jusqu’à de nouveaux pouvoirs dans les bassins d’emploi et les entreprises.

Le PCF propose d’intervenir dès maintenant sur le crédit avec des Fonds régio¬naux pour l’emploi et la formation, qui prendraient en charge tout ou partie des intérêts.

Agirait de la même façon un fonds national utilisant la vingtaine de milliards servant aux exonérations de cotisations sociales. Ainsi qu’un pôle public de financement avec notamment la Caisse des dépôts.

Troisième ensemble de fonds : ceux des entreprises. Il faut donner aux salariés le pouvoir d’intervenir pour des proposi¬tions alternatives et une autre gestion que celle dominée par la rentabilité financière exacerbée pour les actionnaires, avec d’autres critères, d’efficacité sociale : pour économiser les capitaux matériels et financiers, grâce aux nou¬velles technologies, en développant avec la recherche, la formation et les emplois qualifiés.

Évidemment, cela s’oppose aux privatisations. La progression des trois piliers du modèle social - emploi-formation, services publics, Sécurité sociale - est égale¬ment indispensable. Il s’agit aussi du pouvoir d’achat des salariés qu’il faut augmenter très sensiblement. Cela va bien au-delà du saupoudrage envisagé par le gouvernement. Et il ne s’agit pas de la prime pour l’emploi qui pousse à la baisse du coût salarial pour les entreprises et fait pression sur les autres salaires. Mais il ne convient pas seulement de changer le partage de la richesse. Pour consolider cette augmentation des salai¬res, il faut aussi changer les conditions de la production en s’attaquant au financement, par le développement, avec la recherche, d’une sécurisation de l’emploi, de sa qualification, de la formation 