SÉCURITÉ SOCIALE : seul le PCF a voté contre “la guerre aux pauvres”

Dans le cadre du budget de la Sécu, l’amendement scélérat du gouvernement, rédigé au nom de “ la lutte contre la fraude ”, a été adopté à l’Assemblée nationale.


2 novembre 2006

Il vise à prendre en compte, dans l’attribution du RMI, de la CMU, de l’allocation parent isolé (API), jusqu’alors soumis aux ressources déclarées, des “ éléments du train de vie ”, tels que le véhicule ou le logement.

Lors du débat sur l’amendement, l’élue communiste Jacqueline Fraysse dit son indignation, dénonça le “ délire obsessionnel ” du gouvernement sur la fraude présumée des assurés sociaux : “ Plus on est modeste, plus on est soupçonné ! ”.

Pour la députée, cet amendement n’a en fait rien à voir avec la lutte légitime contre de vraies fraudes : “ Il s’agirait ici de conditionner le versement des prestations au train de vie des allocataires. C’est dénaturer le sens de ces prestations qui correspondent à des droits. On peut être propriétaire, se faire licencier et se retrouver au RMI. Et on vous supprimerait le RMI ? ”.

Car le texte est clair : en cas de “ disproportion marquée ” des ressources et du “ train de vie ”, le “ bénéfice des prestations sera remis en cause ”.

Les élus socialistes ne se sont pas opposés au texte. Au final, l’UMP et l’UDF ont voté pour l’amendement, le PCF contre, le PS était ailleurs.

“ C’est une guerre aux pauvres ”, estime de son côté la CGT. “ S’il voulait s’attaquer aux dysfonctionnements du système ”, ajoute le syndicat, ” le gouvernement devrait agir pour stopper la sous-déclaration des accidents du travail et des maladies professionnelles, contrôler le dérapage des dépenses des cliniques privées ou mettre un terme aux pratiques indignes de dépassements d’honoraires ”